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(22/08/2026)
La loi crée un droit à l'aide à mourir pour les malades majeurs condamnés par une affection grave et qui en ont exprimé la demande, sous certaines conditions. Cet ultime recours est encadré. Une clause de conscience est prévue pour les professionnels de santé qui refuseraient de participer à cette procédure.
La loi a été promulguée le 18 août 2026. Elle a été publiée au Journal officiel du 19 août 2026.
Sommaire
Une loi sur l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs, promulguée le 26 mai 2026 complète la loi.
Les conditions du droit à l'aide à mourir
Un droit à l'aide à mourir est institué. Il consistera à autoriser et à accompagner un malade qui a demandé à recourir à un produit létal. Le malade devra s'administrer lui-même le produit. Toutefois, s'il en est incapable physiquement, il pourra se le faire administrer par un médecin ou un infirmier. L'auto-administration sera donc la règle et l'administration par un soignant l'exception.
Pour accéder à l'aide à mourir, le malade devra remplir 5 conditions :
Procédure et droits des malades
La procédure de l'aide à mourir est également définie :
Les droits du malade sont détaillés : date de la mort, droit de mourir entouré par les personnes de son choix et à son domicile ou chez un proche ou en établissement de santé ou médico-social... Le Conseil constitutionnel a apporté une réserve concernant l'obligation pour un établissement d'héberger la procédure d'aide à mourir. Le responsable d'un établissement privé pourra refuser que l'aide à mourir se déroule dans ses locaux si cette procédure est "manifestement contraire" à ses missions statutaires ou à son projet d'établissement. Ce refus ne sera possible que si d'autres établissements aux alentours sont en mesure répondre aux besoins locaux.
Le jour de l'administration du produit létal, le médecin ou l'infirmier devra vérifier que la personne confirme sa volonté. Une fois le produit létal administré, le texte précise que la présence du médecin ou de l'infirmier aux côtés du malade n'est plus obligatoire. Il devra toutefois rester présent dans la même pièce pour pouvoir intervenir en cas de difficulté.
Le médecin pourra mettre fin à la procédure d'aide à mourir dans 3 cas : si le malade renonce à l'aide à mourir, s'il refuse que lui soit administré le produit létal ou lorsqu’il a connaissance ou est informé par le médecin ou l’infirmier chargé d’accompagner la personne de pressions avérées pour procéder à l’administration du produit létal. Il devra signaler ces pressions au Parquet.
Les frais exposés dans le cadre de l'aide à mourir seront intégralement pris en charge par l'Assurance maladie.
La décision du médecin se prononçant sur la demande d'aide à mourir ou de mettre fin à la procédure pourra être contestée devant le juge administratif, y compris par référé-liberté, par le malade uniquement (sauf cas des majeurs protégés).
Clause de conscience des médecins, contrats d'assurance décès
Une clause de conscience est instituée pour les médecins, les infirmiers et les pharmaciens (ajout des pharmaciens par le Conseil constitutionnel dans sa décision du 14 août 2026) qui refuseraient de participer à la procédure d'aide à mourir, sur le modèle de celui existant pour l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Ils devront immédiatement renvoyer la personne malade vers un confrère.
Les professionnels qui seraient volontaires pour participer à l'aide à mourir devront se déclarer auprès d'une nouvelle commission, qui centralisera leurs coordonnées. Cette commission de contrôle et d'évaluation, placée auprès du ministre de la santé, contrôlera a posteriori, suivra et évaluera les procédures d’aide à mourir, afin d'en informer tous les ans le gouvernement et le Parlement.
La Haute Autorité de santé (HAS) et l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) seront chargées de définir et d'évaluer les substances létales qui seront utilisées pour l’aide à mourir et d'établir des recommandations de bonnes pratiques.
Le texte oblige les contrats d'assurance décès, y compris en cours à la date d’entrée en application de la loi, à couvrir les décès résultant de la mise en œuvre de l'aide à mourir. Il s'agit de prévenir toute exclusion de couverture de l'aide à mourir, notamment liée à une éventuelle assimilation au suicide.
Plusieurs décrets d'application sont prévus. Les dispositions du texte seront étendues et adaptées par ordonnance dans les collectivités d'outre-mer.